Elles constituent la base de l’alimentation pour les nouveaux nés et les individus les plus jeunes. Elles sont indispensables car elles composent leur unique alimentation. Les adultes pondent sur des matières organiques en décomposition, comme des fruits ou des végétaux trop mûrs sur lesquels les larves se développent.

Deux espèces sont majoritairement utilisées en élevage :

Drosophila melanogaster ou petite drosophile beige/orange. (Utilisée pour les plus petites nymphes, généralement de L1 à L3)

Drosophila hydei ou grosse drosophile brune. (Utilisée pour des nymphes de plus grandes tailles, généralement de L2 à L5 parfois jusqu’au stade adulte pour les plus petites espèces)

Le cycle biologique

Le cycle est très court, et dépend encore une fois de la température du milieu, ainsi plus la chaleur est importante plus le développement est rapide, mais il ne faut pas dépasser un certain seuil sous peine de griller les larves et les pupes (T°C < 30°). Les adultes issus de la nature ou d’un autre élevage, pondent directement dans le milieu nutritif. Pour la Drosophila melanogaster, les œufs éclosent après quelques heures seulement et les larves passent par trois stades larvaires en quelques jours. Elles se nourrissent de divers micro-organismes et de substances sucrées qui sont dégradées par celles-ci. Puis les asticots se transforment en pupes pour se métamorphoser en individus adultes ailés, ce qui dure également quelques jours.
Les adultes nouvellement formés s’accouplent quelques heures après leur émergence, s’alimentent de sucs sucrés, et pondent plusieurs centaines d’œufs pendant quelques semaines puis meurent. Pour la Drosophila hydei comptez le double de temps pour chaque étape.

Le maintien

Il est très facile à réaliser à la maison, il faut choisir un récipient qui contient la nourriture pour les larves et les adultes (qui est la même) et un espace de développement pour chacun des stades.
La nourriture se compose d’une mixture à base de fruits de préférence, mais des dizaines de recettes existent et sont trouvables sur le net. Pour ma part j’utilise des bananes broyées ou de la compote de pomme, avec un ajout de yaourt nature (pour ajouter des bactéries) et des flocons de pomme de terre, ou de la farine, ou des flocons d’avoine pour épaissir la consistance. Il s’agit de trouver le bon compromis entre assez solide pour faire une sorte de pâté afin que les adultes marchent dessus, mais aussi assez liquide pour que les larves puissent se déplacer pour s’alimenter. Puis il est nécessaire d’ajouter du raphia par exemple, ou du carton, pour que les larves puissent se transformer en pupes dessus mais également pour fournir un réseau de « routes » pour le déplacement des adultes. Il suffit ensuite d’ajouter directement des adultes (au moins une cinquantaine pour une meilleure efficacité) et placer le récipient dans un endroit relativement chaud pour accélérer le processus.

« Attention, si vous commencez avec des juvéniles, il vaut mieux commander ou fabriquer une souche de drosophiles une dizaine de jours avant l’acquisition des jeunes insectivores, afin de laisser le temps au développement des larves et d’avoir assez d’adultes pour nourrir vos protégés. Il faut savoir que beaucoup de souches trouvées en animalerie sont vendues à peine réalisées et donc le nombre d’individus adultes est relativement faible ! »


Après plusieurs générations, le milieu se dessèche ou s’épuise nutritionnellement. Parfois des acariens apparaissent et sont très contraignants, il vaut mieux refaire des souches saines dans ce cas. En fonction de la température, de la qualité et de la quantité du milieu nutritif et de la taille du récipient, une souche peut vivre entre 1 à 6 mois environ, mais attention, quand celle-ci s’épuise cela arrive soudainement, ainsi il faut toujours veiller à avoir des souches de rechanges, l’idéal étant de réaliser une nouvelle souche chaque semaine par exemple.